f v r
_

Des Corps de Ville

Projet participatif – Danse contemporaine  / Vidéo / Installation

Extérieur : place, rue, espace public urbain.

Intérieur : friches industrielles, grands espaces architecturaux.

Jauge : selon l’espace disponible, pas de limite.
Durée : 70 min de spectacle, installation pérenne ouverte au public pendant plusieurs  jours.

Des Corps de Ville nous raconte les hauts et les bas de 5 citadins. Des travailleurs pour qui la ville est leur maison, un immense appartement collectif.

De scène en scène, nous les observons vivre, se mesurer aux bâtiments, se réfugier dans ses anfractuosités, grimper sur les arêtes de la ville pour mieux retomber dans ses entrailles. Les corps se mesurent à l’architecture, si la mesure est encore possible…

Des Corps de Ville se penche sur les multiples rapports qu’entretiennent les habitants avec leur quartier et par extension leur ville. Sous l’angle physique, corporel, nous allons observer et mettre en avant les habitudes de circulation, les endroits plus propices à l’arrêt, les aberrations comme les réussites architecturales. Mélangeant le patrimoine, le sociale, l’urbanisme, grâce à une mise en scène du réel, et sur le principe d’une action de territoire participative, les habitants jouent leur propre rôle dans leur ville devenue une maison, un immense appartement collectif.

 

La scénographie du spectacle est conçue pour l’espace public, adaptée à chaque lieu de représentation : diffusion sur écrans ou directement sur les murs des bâtiments, prolongement virtuel de l’ici vers l’ailleurs. Des prises de vue sont effectuées en amont pour personnaliser la représentation donnée dans chaque lieu.

 

« Une place, la nuit. Des colonnes de cartons, immeubles lumineux, écrans sur lesquels les villes s’animent, Savigliano, Marseille, Paris, Sapporo (…). Les images débordent des écrans, superposent d’autres villes, d’autres lieux sur les façades (…), les foules tournoient entre des lignes de béton abstraites, la musique émerge des bruits de la foule, gestes, simples, répétés, qui s’emportent soudain jonglant entre le dérisoire de la condition humaine, et ses aspirations à survivre dans des lieux qui la nient. Quelques spectateurs s’intègrent à la chorégraphie,
on se déplace au gré des évolutions,
l’appréhension du spectacle est dynamique, vivante. Nous sommes tous des corps de ville, évoluant dans le
prisme des informations des panneaux publicitaires, des lumières, des architectures. Les danseurs grimpent à l’assaut des murs, émergent du béton, soulignent la dichotomie irréductible entre l’humain et le monde minéral dans lequel il évolue. Le monde contemporain lui échappe. Les moments chorégraphiques, fragmentés dans les différents lieux, virtuels et réels, trouvent ici une unité profonde qui interroge le public, à la fois spectateur et acteur, qui constate le non sens de l’individualisme que la ville induit par sa nature même. Parfois le propos se teinte d’humour, joue sur la polysémie des clichés, ce qui ajoute au charme de ce spectacle dans lequel 5 danseurs venus d’horizons différents, cirque, acrobatie, danse classique, contemporaine, croisent leurs techniques en un travail très maîtrisé. Le collectif Nomade Village réalise ici un projet d’une belle envergure. Mais, parier d’achèvement est réducteur pour cette troupe polymorphe, chaque spectacle étant conçu comme une étape dans la réflexion, sur le monde ses rapports avec l’art, la vie. Aboutie, cependant… »

Maryvonne Colombani

Extrait de l’ article paru dans Zibeline.

 

 

Share

2 comments to “Des Corps de Ville”

Reply